Maison Familiale Rurale de Charentay en Beaujolais

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une école citoyenne en pratique

Une école citoyenne en pratique

Manon et Charline

Rappelons-nous quelques principes de la pédagogie des MFR et plus particulièrement la "gestion" de l'alternance et à chaque étape posons nous la question de savoir si nous lui proposons un modéle Maître-élève ou un modèle citoyen. 

  • Le jeune durant sa semaine à la MFR se voit proposer un sujet d'étude pour sa période en entreprise : Ce sujet d'étude correspond à la volonté de faire découvrir et questionner à la fois la vie "d'adulte" et une partie du plan de formation (organisation générale de l'année scolaire permettant de traiter les sujets imposés par le Ministère ou la volonté de l'équipe pédagogique). A-t-on pris le temps d'expliquer les objectifs de ce sujet d'étude ? le pourquoi et le quand ? est-on prêt à mettre en oeuvre un autre sujet si celui-ci permet l'atteinte des mêmes objectifs ?
  • Le sujet de l'étude étant choisi, il est demandé aux jeunes de produire "un questionnaire", une trâme, un pense bête, chargé de l'aider pendant son étude et de le guider en vue du rendu final : Le Plan d'Etude.  Le pédagogue veille à varier les supports des rendus des élèves en vue de lui faire découvrir plusieurs techniques d'expression (l'écrit classique, la fiche technique, le graphique, la "revue de presse", le dessin, le collage, etc.)
  • Le jeune part en stage et soudain le jeune devient le Maître du Jeu, en entreprise, dans un monde quasiment ignoré de la MFR, il doit s'organiser, se mettre en situation de réussite, imposer ses propres contraintes à l'entreprise de stage, s'interroger et interroger les adultes autour de lui .... Son travail de recherche est colossal sur le plan personnel, il agit en personne autonome, consciente de ses obligations, s'efforçant de les remplir, ... Il est alors un vrai citoyen ! Qui en est conscient ? Comment cette dimension humaine est-elle valorisée au dela de l'étude proprement dite ? Comment sont intégrés les échecs et les réussites ? Pendant ces une ou deux semaines de solitude scolaire, qui prend en charge le jeune de façon désinteressée juste par solidarité et qui le protège des dérives et des tentations insérées dans son environnement proche ? Le Maître de Stage ? Cet individu multiforme auquel il est demandé d'avoir toutes les vertus mais qui ne reçoit ni objectif, ni moyen, ni "mode d'emploi", ...
    Notre jeune citoyen risque fort d'être déçu, meurtri, cassé par cette citoyenneté et il saura, à juste titre, le reprocher à la MFR qui l'a "forcé" à aller se risquer dans le monde des adultes ayant pour référence le travail, l'argent, la réussite sociale, ... autant de domaines où notre jeune n'a pas de repère construit.
  • De retour à la MFR, le jeune apporte le fruit de son étude ... A qui profite-t-il ? Au moniteur faisant la correction ? Au bulletin qui reçoit la note ? aux quelques camarades à qui il est possible qu'il en ait parlé ? Dans tous les cas, il n'est pas proposé aux jeunes d'évaluer si les moyens ont été mis en oeuvre, si cela était possible, et si les objectifs étaient alors accessibles.
  • Que reste-t-il des "Mises en Communs" ? Qui s'exprime ? sur quels sujets ? Y-a-t-il un animateur ? issu de la classe ou un Professeur qui utilise cette pseudo séance pour faire "avancer" son programme ?
  • Qu'apporte à cet ensemble déjà bien fragilisé, les heures de "thème" qui devraient permettre de conceptualiser tout ce qui a été collecté par les stagiaires et au besoin complèter pour donner du sens. N'assistons-nous pas plus souvent à de banales heures de cours façon collège ?
  • Et ce rituel qui se répète 18 fois dans l'année, a-t-il un sens ou n'est-il qu'un passage obligé issu de l'historique MFR ?

revoyons nos pratiques d'alternance telles que nous les présentons 

Comment, à peu d'efforts, mettre de la citoyenneté dans le cheminement des jeunes à la MFR ?

D'abord en organisant de vrais temps d'écoute pédagogique des jeunes : Ils ont une opinion et elle mérite d'être entendue, la "gestion" de l'alternance est un moment privilégié pour mettre en place une pédagogie mutuelle : celle du formateur avec celle du jeune.

Ensuite en rejetant la dimension compétiton du travail réalisé pendant l'étude d'alternance : Les familles attendent des notes, elles n'en auront pas à moins d'accepter d'être notées à leur tour. La correction, la mise en forme, la valorisation de l'étude d'alternance n'a pas le besoin exclusif du formateur, mais l'aide d'un pairs ... Qui agira par solidarité... et au moyen duquel, on verra s'éveiller un intérêt réciproque (l'autre devient un concitoyen et non un compétiteur en terme de notes, d'emprise sur la classe (y compris par l'incivilité, la violence, le rejet de l'adulte, ...) Sortons du schéma du "copieur" où aider l'autre, c'est tricher et cela doit être sanctionné !

Ensuite encore en exposant les règles propres à l'école et qui doivent s'appliquer : les horaires de la semaine qui doit comporter 35 heures d'activités pédagogiques, les programmes imposés par les ministères de tutelle, les principes de la société française qui s'imposent à notre MFR, ... Et à partir de là, en bâtissant nos propres lois, en les discutant, en les votant, en les appliquant, en les interprétant, en les amendant, ... afin qu'elles soient issues de la réflexion et qu'elles acquierent une totale légitimité.

Dans tous les cas, donnons nous le temps d'écouter l'autre, de le prendre dans son entièreté sans juger, afin de bâtir un espace citoyen où l'on rencontre des concitoyens.

Une composante indispensable à la réussite de cet équilibre difficile dans lequel nous nous sommes engagés est la confiance. Comment lier des personnes entre elle si les rapports sont faussés, si l'un cherche à pervertir les accords passés ou tout simplement ne tient pas ses engagements. Or l'habitude du monde scolaire à créer un maître et un apprenant qui lui est subordonné selon les textes, les lois, les règlements intérieurs de tout poil, il s'agit ici, de créer un nouveau rapport : Un rapport de confiance réciproque, mais pas d'égalité !

Chacun dans ce nouveau rapport garde sa place ! l'égalité de droit devant la loi ne remet pas en cause deux principes majeurs : Il existe et reste immuable une hièrarchie et en corolaire à celle-ci un devoir de protection. On peut imaginer un débat libre et ouvert au sein d'une classe qui part en dérive, avec un risque de non respect des règles, un chahut, ... La clause de hiérarchie joue en plein, et le fomateur a le devoir d'utiliser son autorité pour protéger la citoyenneté, pour garantir le respect des règles et pour veiller à la sécurité de chacun.
Il est toujours possible de déléguer du pouvoir, jamais de l'autorité !
La clause de sauvegarde est toujours le retour au pouvoir afin de sécuriser le système : Protection des jeunes, des formateurs, de la MFR, des enseignements, des lois, ...






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