la personne au coeur du dispositif éducatif
La Personne au coeur du dispositif éducatif
Nous appelons par habitude, les jeunes en formation à la Maison Familiale de Charentay des élèves, des lycéens, des stagiaires, ... mais tous ces mots ne doivent pas nous faire oublier l'essentiel : chaque personne en formation à la MFR doit être considérée pour ce qu'elle est : une personne entière qui mérite tout le respect dû à son titre !
Bien sur, elle arrive avec tout le fardeau de son vécu, souvent cahotique, souvent compliqué. Les Elèves de la MFR sont des exclus du collège, du lycée, ils sont considérés comme "trop bêtes", "trop fainéant" pour pouvoir poursuivre leur scolarité dans le système scolaire classique de l'Education Nationale. Dans tous les cas, ce sont des jeunes atypiques par leur parcours, par leur vie familiale, par leur difficultés scolaires généralement intellectuelles plus ou moins connues et caractérisées : dyslexie, trouble de la concentration, hyper activité, incompétence notoire pour : les maths "je suis nul en math", l'anglais "même ma mère, elle n'y comprend rien", la biologie, la chimie "ça ne sert à rien", ... Ce sont des jeunes auxquels les "maîtres ont fait comprendre depuis longtemps qu'ils n'étaient pas comme les autres et devaient songer promptement à quitter le collège où ils font "tâche"... Ce n'est que rarement dit de façon explicite. Ce sont plûtot des phrases insidieuses mais tellement efficaces pour détruire un jeune et réduire à bien peu l'estime qu'il a de lui-même : "Pour lui, il faut envisager des études courtes", "On ne peut tout de même pas le faire redoubler encore une fois !", "il faut lui trouver une autre orientation" ou plus sec "orientation nécessaire", ...
Mais aussi elle arrive avec toute sa richesse : ses domaines d'expertise. Chaque jeune de la MFR a vécu une situation exceptionnelle, a développé un talent peu commun, a appris des connaissances rares, a développé des capacités méconnues et utiles, ... Avant d'arriver à la MFR chacun a déjà dans ses bagages des trésors dont il n'a pas conscience. Généralement, les difficultées rencontrées les ont forcé à développer des compensations, à acquérir des comportements de défense qui leur donnent l'impression de survivre, de trouver une place, un rôle social.
A la Maison Familiale, il va falloir accepter tout cela, l'organiser, le ranger, mettre en valeur toutes les compétences transférables et au contraire, donner à apprendre à maîtriser tout ce qui nuit à une bonne insertion sociale et qui crée une image négative du jeune.
Pour être une personne à part entière, il faut être respecté pour ce que l'on diffuse de positif autour de soi et non pour la crainte que l'on impose par la violence du langage ou la force physique.
Pour être une personne à part entière, il faut être avec les autres et pour cela accepter leurs différences et savoir se rendre acceptable, aimable au sens de quelqu'un que l'on peut aimer.
Chacun à la MFR mérite le respect : le plus jeune, le Directeur, la plus jolie, le formateur de biologie, le plus rusé, le plus malin, la femme de ménage, le meilleur en math, le plus lent pour écrire et celui qui peine tant pour lire l'énnoncé abracadabrantesque inventé par le moniteur de math, et la veilleuse de nuit ...
